Le rut du furet mâle

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Le rut du furet mâle

Messagepar titounette » 03 févr. 2018, 17:12

Le rut du furet mâle

Le rut c’est l’équivalent des chaleurs mais chez le mâle. C’est quand il devient sexuellement actif et fécond. Chez le furet, le rut ne passe pas inaperçu et est la cause de beaucoup d’abandons de mâles. Voici un point détaillé sur le rut du furet mâle.

1- Quand et pour combien de temps ?
Le mâle est mature sexuellement dès 6 mois comme pour les furettes mais il ne sera vraiment adulte et fécond que passé son 1er anniversaire : avant leur un an, souvent les mâles sont stériles même s’ils sont tout à fait capables de saillir une femelle, et en manifestent l’envie.

Par exemple : si votre furet mâle est né au mois de mai 2017, il ne fera probablement pas de rut en 2017, il pourra en commencer un petit en février 2018 et enchainer sur son premier vrai rut à l’été 2018.
Néanmoins l’automne 2017 ayant été très doux et très ensoleillé, les ruts et les chaleurs sont arrivés tôt en 2017 (au mois de décembre pour les jeunes nés au printemps ou à l’été de l’année).
Mais si votre furet est né au mois de novembre 2017 par exemple, il ne fera pas de rut du tout en 2017, il en fera un petit au printemps 2018 mais ne fera certainement un vrai rut complet qu’au printemps 2019.

Le rut chez le furet dure environ 6 mois (toute la belle saison). Il débute avec les jours qui rallongent, l’augmentation de l’ensoleillement et de la température extérieure. Le rut est réglé sur le rythme de la nature (appelé rythme circadien : alternance jour-nuit et rythme des saisons).

Un furet qui vit donc à un rythme naturel (pas de chauffage, pas ou très peu de lumière artificielle) commencera son rut vers le mois de mars et le finira en août-septembre. Un furet vivant en appartement surchauffé avec la lumière allumée tout le temps et peu de lumière naturelle, pourra commencer son rut en octobre ou novembre quand on allume le chauffage et qu’on met plus souvent la lumière car les jours raccourcissent…

A noter qu’il n’est pas bon pour un furet d’être totalement hermétique au rythme circadien (vivre sans lumière naturelle). C’est notamment un facteur aggravant de maladie des surrénales.

2- Comment ça se manifeste ?

Un ruteux ça ressemble à ça (c'est Lyner, furet albinos de son état, non castré à l'âge de 4 ans) :
Image

A noter que tous les signes du rut augmentent en intensité au fur et à mesure que la période de rut passe, pour atteindre un pic maximum à la moitié de la période de rut (au bout de 3-4 mois) et redescendre pour disparaitre entièrement à la fin de la période de rut (au bout de 6 mois environ).

• Les signes physiques :
- Les deux testicules doivent être descendus à maturité sexuelle. S’il n’y en a qu’un seul, contactez votre vétérinaire car l’autre peut être «coincé» (pour une raison ou pour une autre) et peut entraîner des soucis de santé importants (cancer notamment). Et pareillement s’il n’y en a aucun de descendu.

Au début du rut les testicules sont petits et font environ 5mm de diamètre, mais au fur et à mesure du rut, les testicules vont grossir jusqu’à atteindre la taille de deux grosses noisettes. Les testicules vont aussi se colorer en même temps qu’ils grossiront avec l’avancée du rut. Chez les furets albinos notamment, le poil recouvrant les testicules peut devenir orange foncé voire marron foncé. C’est tout à fait normal et cela ne sert à rien de laver votre furet, tout au contraire.

- L’odeur corporelle de votre mâle va augmenter, il va sentir le bouc. L’odeur du mâle en rut est assez prenante, elle est très musquée, assez épicée, et surtout elle est tenace.

- Son poil va devenir de plus en plus gras et il va aussi se colorer. C’est du à la surproduction de sébum (tout comme l’odeur du « ruteux »). En effet, pour signaler aux femelles qu’il est en rut, le furet mâle produit plus de sébum à cette période et son poil devient gras, huileux, son poil fonce (les albinos non castrés peuvent finir totalement marron-orangé au fil des années de rut), il peut avoir des croutes de sébum sur la peau, et son odeur augmente.

• Le comportement :
Le furet mâle en rut change généralement de comportement. Il est très rare qu’on ne remarque aucun changement de comportement et souvent cela révèle un mâle stérile ou sans libido.
Quand le furet mâle entre en rut, il devient de plus en plus excité au fur et à mesure que le rut avance.
Cela se manifeste par des bruits répétitifs et plus aigus que d’habitude (il « pout-pout » tout le temps et plus fort qu’à l’accoutumée).

Il est excité dans ses jeux : il furète beaucoup plus, il sent tout ce qu’il trouve, il court dans tous les sens, mord plus fort ses jouets (et peut mordre à nouveau ses propriétaires pendant le jeu).
Il fait des marquages urinaires sur tous les supports sur lesquels il peut se frotter (chaussures, pieds de meubles, sol, tapis, objets), il peut arrêter d’être propre et faire ses besoins un peu partout car cela lui permet de marquer encore plus.

Évidemment il est très excité par ses congénères, surtout par les femelles en chaleur et les autres mâles en rut, mais aussi par les mâles et femelles non matures ou stérilisés. Il arrive aussi assez souvent que le ruteux tente d’emmener sa propriétaire dans sa cage pour en faire son amoureuse, dans ces cas-là il attrape sa propriétaire (la plupart du temps il pince un doigt et tire) et l’entraine jusqu’à son nid douillet. Certains furets en rut deviennent agressifs avec leur entourage (humains et autres animaux).

D’autres encore s’épuisent totalement à cause de leur montée hormonale. On avait eu le cas de Bounty à l’association qui a perdu 1/4 de son poids lors de son entrée dans la période maximale de son rut, il ne pensait plus ni à boire ni à manger quand il était en sortie et courait partout comme un fou pour marquer tout ce qu’il trouvait c’est-à-dire l’intégralité du refuge. On a du donc le contraindre à rester enfermé dans une petite cage pour limiter ses exercices et son excitation au maximum pour pouvoir lui faire reprendre du poids avant de le faire castrer le plus vite possible. Le rut lui pompait toute son énergie et mettait sa santé en danger.
Il est assez courant que les mâles soient fatigués après leur période de rut et finissent leur rut amaigris.

3- Comment vivre en harmonie avec un furet en rut ?

• L’hygiène :
Faire en sorte que son furet en rut ait une bonne hygiène est primordial !
Si son environnement n’est pas bien entretenu, l’odeur en sera décuplée. Le mieux est de remplacer ses couffins et autres dodos en tissu par un bac avec du foin. Le foin va absorber l’excès de sébum de votre ruteux et parfumera agréablement votre furet.
S’il présente des allergies respiratoires aux végétaux (asthme par exemple), il ne faudra pas utiliser de foins. A la place, continuez à lui mettre ses tissus habituels en guise de literie, mais changez-les et lavez-les à la machine à laver tous les 2-3 jours. Cela évitera que les dodos soient tachés par le sébum et votre furet sentira bon la lessive !

Il ne faut en aucun cas laver de manière trop régulière votre furet en rut. Cela ne ferait qu’accroitre sa production de sébum et donc son odeur forte. Vous pouvez le laver une fois pendant son rut (surtout s’il commence à présenter des croutes de sébum sur la peau qui peuvent lui occasionner des démangeaisons) et une fois à la fin du rut. Les parfums pour furets ou autres animaux sont aussi à éviter, cela ne va faire qu’empirer la situation et le mélange d’odeur est parfois tout particulièrement ignoble ! Tout comme les lingettes bébé, il ne faut pas en abuser.

A la fin de son rut, il fera une grosse mue, il faudra donc l’éplucher pour faire tomber tous ses poils morts et le laver donc à la fin de cette mue qui marque la fin du rut.

• La sécurité du ruteux et celle de son entourage :
Quand les furets sont en rut, ils deviennent très souvent un peu « bêtes » car ils ne pensent qu’à satisfaire leur appétit sexuel et en oublient parfois tout le reste.

Il arrive donc fréquemment qu’en voulant se frotter partout, le furet coince son pénis dans n’importe quoi (ses barreaux de cage, une barre de seuil, etc..). Le pénis du furet forme un petit crochet à son extrémité, il s’accroche donc facilement.

Dans ce cas-là, protégez-vous les mains en tout premier lieu avant d’aller le décrocher car cela leur fait très mal et souvent ils mordent de douleur. Ensuite ne tirez pas brusquement vous risqueriez de le blesser gravement, mais décrochez son pénis délicatement de là où il est coincé. Le pénis du furet a une couleur rouge très foncée. Surveillez ensuite que le furet rentre bien son pénis dans son fourreau tout à fait normalement et qu’il urine bien pendant les heures qui suivent. Si vous trouvez qu’il a un comportement suspect, appelez votre vétérinaire au plus vite car ils peuvent se blesser sérieusement dans ces cas-là (sang dans les urines, gonflement du pénis ou du fourreau, etc).

Pour éviter cela, recouvrez les portes de sa cage notamment de tissu pour qu’il ne puisse pas s’y coincer et vérifiez là où il se frotte qu’il ne puisse pas lui arriver d’accident non plus.

Parfois aussi, ils restent collés au tissu, à la peluche ou autre support, qu’ils avaient pris pour une femelle et sur lequel ils étaient en train de se faire plaisir.
Dans ce cas-là, pareil protégez-vous les mains et prenez votre furet par la peau du cou. Tenez de l’autre main le tissu auquel il est accroché (pour que cela ne pèse pas sur son pénis et ne tire pas dessus), et faites passer le bas-ventre de votre furet sous le robinet d’eau légèrement tiède pour ré-humidifier son pénis et faciliter le décollement d’avec le tissu. Pareil que pour le premier cas, vérifiez ensuite que tout est en ordre.

Pendant le rut, il faut impérativement séparer votre ruteux de ses congénères. En effet, quand je dis qu’un furet en rut est « bête », là on s’en rend bien compte car ils ne distinguent plus ni mâle ni femelle, ni individu stérilisé ou en chaleur et ils tentent de s’accoupler avec tous, indistinctement.
Évidemment ce genre de comportement occasionne de grosses bagarres avec les congénères non consentants (mâles et femelles non en chaleur). De plus si le ruteux arrive à pénétrer l’autre furet il risque de le blesser sérieusement à l’anus ou au vagin, même si c’est une femelle. Même si votre furet vit avec une femelle non stérilisée et que vous prévoyez de les faire s’accoupler, il faut quand même les séparer car sinon il s’accouplera avec elle sans arrêt et elle pourrait finir par mourir d’épuisement. Il ne faut les présenter que 3 ou 4 heures par jour pendant 3 ou 4 jours pour effectuer la saillie. Il faut aussi le séparer des furetons car il ne fera pas de différence même si ce sont les siens.

Parfois certains furets en rut se comportent en parfaits gentlemen mais c’est trop rare pour que cela soit une généralité, et selon moi deux précautions valent mieux qu’une : donc cages séparées et sorties alternées ou sous surveillance accrue.

4- Comment éviter le rut ?
Le rut n’est heureusement pas une fatalité. On peut s’éviter bien des embêtements en faisant stériliser son mâle. Lui faire faire des saillies ne le calmera pas vraiment, ça le fatiguera pour deux ou trois jours et c’est tout, en aucun cas cela ne fait passer le rut.

Pour stériliser les furets maintenant il y a deux options :

• L’implant hormonal :
Il peut être posé dès les prémices du premier rut, aucun délai n’est exigé. C’est d’ailleurs mieux de le poser tout au début du rut, car si vous le faites poser à votre furet en plein rut, l’implant occasionnant un pic hormonal, vous allez vous retrouver pendant plusieurs semaines avec un furet en méga-rut !

Il existe deux implants : le petit qui dure environ 2 ans et le gros qui dure environ 4 ans. Le petit coute aux alentours de 75 € et le gros, 150 €.

Une fois que l’implant a été posé, le furet mâle va continuer son rut normalement pendant environ 10-15 jours et après il va être sous l’emprise d’un gros pic hormonal qui l’excitera encore plus pendant également 10-15 jours. Ensuite les hormones vont redescendre en 2 semaines environ et le rut va totalement disparaitre, votre furet aura l’aspect d’un furet stérilisé (pas de testicules visibles, pas d’odeur intempestive, pas d’excitation anormale, il ne pourra plus reproduire pendant la durée de l’implant). Pour le gros implant, il faut multiplier ces délais par deux environ.

Quand l’implant est fini, le furet retrouve son cycle hormonal normal (réapparition du rut à la période opportune) et il peut tout à fait reproduire normalement ou être ensuite stérilisé par chirurgie.

L’avantage de l’implant c’est qu’a priori, il diminue les risques de maladies des surrénales chez les furets.
Mais il faudra surveiller les glandes surrénales de votre furet à partir de ses 3-4 ans par échographie annuelle, car il existe tout de même des cas de maladie des surrénales sur des furets implantés et non stérilisés par chirurgie.

• La castration chirurgicale :

La stérilisation du mâle par chirurgie est une opération de confort pour l’humain, elle n’est en aucun cas nécessaire pour la santé du furet (sauf cas de rut extrême comme Bounty cité précédemment). Elle doit être pratiquée le plus tard possible dans la vie du furet. Il est bon d’attendre que le furet ait passé un rut avant de le faire stériliser (soit un an après sa naissance environ).
Plus on le castre tard, plus on recule le risque qu’il développe un cancer des surrénales qui, quand il se déclare, apparait 3-4 ans au moins après la stérilisation.

La castration est l’opération chirurgicale consistant à pratiquer l’ablation chirurgicale des testicules, en ouvrant les bourses à l’aide d’un bistouri. Cela dure très peu de temps (10 minutes environ), et cela se pratique sous anesthésie gazeuse pour le furet. Le soir même votre furet est sur pattes et galope dans toute la maison !
Les hormones (et le rut) vont mettre environ deux semaines à disparaitre totalement et à la fin de cette période, votre furet fera une grosse mue pour redevenir tout doux et tout beau.
Il ne faut pas laver son furet tout de suite après la chirurgie (sinon la cicatrisation risquerait d’être compromise), attendez au moins une bonne semaine, le mieux étant d’attendre la mue, comme ça vous ferez d’une pierre deux coups : le rendre propre et le débarrasser de ses poils morts.

Pour tenter d’éviter la maladie des surrénales sur un furet castré par chirurgie, on peut lui faire poser un implant hormonal, ce qui pourra protéger ses glandes surrénales. Il convient néanmoins de surveiller les glandes surrénales par échographie chaque année à partir de l’âge de 3-4 ans de votre furet.

5- Les saillies

La saillie dure environ 3 heures. Généralement il est préférable d’amener la furette au domicile du mâle, sinon le mâle ne fera que sentir et marquer son nouvel environnement sans se préoccuper de la femelle.

Pour éviter des contaminations virales graves, il est préférable de faire tester les deux futurs amoureux sur l’E.C.E. et l’A.D.V..
Si votre mâle présente des problèmes de santé (anomalies génétiques telles que surdité, monorchidie, difformités, nombreux cancers dans sa généalogie, etc.) ne le faites pas reproduire.

Il est important de faire attention à la génétique du furet que vous proposez à la reproduction. En effet, la race du furet est ce qu’on appelle « une race à cancers ». Il y a tellement eu de consanguinité et il y a tellement eu peu de sélection génétique intelligente par le passé, que le furet est devenu un animal fragile, bourré de problèmes de santé qui se transmettent des parents aux petits (problèmes congénitaux). Il faut donc, dans un souci de préservation de la bonne santé de la race, écarter tous les animaux présentant des soucis de santé importants (cancers chez leurs co-latéraux ou ascendants, malformations, tares génétiques, etc) de la filière de reproduction et les stériliser.

Il me semble aussi important de vous rappeler qu’une furette peut mettre bas jusqu’à 16 petits, avec une moyenne de 8 petits. Hors il me parait absurde de proposer son mâle pour un trop grand nombre de saillies, particulièrement dans une même région. Réfléchissez-y : un mâle qui saillira plusieurs femelles transmettra donc ses gènes à plusieurs portées et les risques de croisements consanguins seront beaucoup plus importants ! J’ai pu remarquer que c’était un facteur qui s’oubliait assez facilement alors qu’il est vraiment important pour les générations de furets à venir.

6- Les cas particuliers :

Parfois il arrive qu’un rut se passe mal, que les hormones soient tellement élevées que le furet tombe en rut très tôt et subit un rut beaucoup trop intense.
Alors il arrête de manger, perd beaucoup de poids et cela ne fait que s’intensifier avec l’intensification du rut.
Dans ces cas-là, surveillez son poids et son alimentation.
Si évidemment il ne s’alimente plus du tout (cela arrive), foncez au vétérinaire et quelque soit son âge, faites-le castrer par chirurgie. La pose d’un implant en guise de stérilisation n’est alors pas envisageable car l’implant provoque un pic hormonal et là ce sont les hormones justement qui causent souci à votre furet donc si on lui en rajoute, il va vraiment se trouver très très mal. Vous pourrez l’implanter plus tard, en préventif de la maladie des surrénales mais pas tout de suite.
Là il s’agit de lui sauver la vie, certains fufus se retrouvent complètement abattus par leur rut et peuvent en mourir, d’épuisement.

De plus comme souvent, on doit séparer le ruteux de ses copains et copines avec qui il vit, il peut faire une déprime de séparation. Il s’ennuie et est triste sans ses copains. Si vous pouvez, faites-lui faire un câlin sur vos genoux par exemple une fois par jour avec ses potes, histoire de le réconforter. Cela lui fera du bien au moral et cela permettra aux autres furets de votre famille de ne pas subir les assauts du ruteux et de ne pas être blessés.


Bon courage avec vos ruteux, et ne vous inquiétez pas, ça finit par passer !

Titounette.

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